Perspectives pour les élections municipales 2025

Objectif des perspectives

Le but de ce document est de préparer les membres, les sympathisants et les sympathisantes d’Alternative Socialiste à intervenir efficacement dans leurs actions politiques à Montréal, et à Verdun où nous avons une forte présence depuis quelques années. Que ce soit pour des actions telles le syndicalisme, les manifestations ou piquets de grève, ou pour intervenir dans la campagne électorale qui s’annonce à l’automne 2025, il est important de développer notre compréhension du contexte global et local, et de comment celui-ci évolue.

Notre technique : discuter des enjeux concrets de la vie des travailleurs et des travailleuses afin d’amener des solutions transitoires à ces enjeux. C’est-à-dire des solutions qui indiquent comment améliorer concrètement la vie des gens grâce à l’organisation et la prise du pouvoir par la classe ouvrière.

Pour devenir un vecteur d’auto-organisation de notre classe, ces solutions transitoires doivent reposer sur autre chose qu’un programme abstrait et utopiste. Établir des perspectives lucides et véridiques est nécessaire pour permettre à notre candidature d’identifier les leviers légaux associés à sa fonction, de même que les leviers illégaux associés au rapport de force créé par notre classe sociale. L’objectif est de construire un pôle de résistance socialiste et révolutionnaire à Montréal. Il ne s’agit donc pas de construire une opposition de principe à l’ordre établi, mais bien de construire un mouvement qui s’ancre dans la réalité des travailleurs et des travailleuses de Verdun et les met en action. Ces perspectives permettent d’identifier les terrains de luttes qui se dessinent devant nous.

1. Crise et stagnation économique mondiale

La période capitaliste mondiale actuelle est caractérisée par une faible croissance, voire une stagnation. Le taux de croissance moyen des années 2020 se dirige vers 2,7% d’ici 2027. Il faut remonter dans les années 60 pour retrouver des taux aussi bas. Le « miracle » chinois arrive à la fin de son cycle ascendant. Les principales économies capitalistes mondiales perdent ainsi leur principal accès à une croissance facile. Les capitalistes de tous les pays appellent leur État en renfort afin de les aider à redémarrer leur machine à profits.

Depuis les dernières années, les partis politiques canadiens ont déroulé le tapis rouge aux multinationales, notamment dans le secteur de l’immobilier, leur permettant de spéculer sur le prix des terrains et des immeubles. Les différents paliers de gouvernements ont aussi procédé à des investissements publics sans précédent dans des secteurs industriels comme la filière batterie, l’intelligence artificielle et tout récemment l’armement. Tous les partis politiques québécois tentent de tirer leur épingle du jeu en offrant les ressources stratégiques du Québec au plus offrant. De plus, le patronat et les élites politiques ont créé la plus grande vague récente de travailleuses et de travailleurs migrants avec pour objectif d’exploiter leur travail grâce à des lois ainsi que des conditions de travail et de vie discriminatoires.

2. Explosion des dépenses militaires

Les élites politiques présentent également le développement de l’industrie militaire, imposé par les conflits inter impérialistes et la guerre tarifaire des États-Unis, comme une «opportunité» pour les économies nationales. Cela prend la forme d’investissements publics massifs dans l’industrie minière, aérospatiale ou encore dans les usines d’armement.

Ces investissements sont des cadeaux empoisonnés pour les forces syndicales, cadeaux auxquels les directions réformistes actuelles sont incapables de résister. Elles y voient une manière de répondre au ralentissement économique, et donc à l’insécurité d’emploi qui y est rattachée. Par contre, le prix de ces investissements sera d’attacher le leadership syndical aux objectifs politiques de cette production militaire. Ce leadership aura du sang sur les mains et perdra la confiance de la base syndicale lorsqu’un mouvement pour la paix sera à l’ordre du jour.

Le financement de la politique de militarisation canadienne se fait nécessairement au détriment des services publics. Les gouvernements imposent une nouvelle vague d’austérité budgétaire et de privatisation brutale précisément pour réorienter les investissements publics.

Ces politiques de réarmement ne bénéficient pas à notre classe et contribuent à augmenter le risque de conflits armés, la destruction environnementale et la perpétuation de génocides comme celui en Palestine. Nous luttons pour unir la classe ouvrière du monde entier pour ses intérêts, au niveau international. Il faut lutter contre l’ouverture de nouvelles usines et contre les compagnies qui produisent de l’armement et des services dérivés. Il faut convertir de telles usines déjà existantes vers une production utile et sous le contrôle de la classe ouvrière. Les travailleurs et les travailleuses doivent utiliser les grèves pour empêcher les livraisons d’armes, par exemple celles envoyées à Israël dans son effort de guerre génocidaire contre la Palestine.

3. La concentration de la richesse et la hausse du coût de la vie

Les stratégies d’accumulation de capital (c’est-à-dire les moyens utilisés par les capitalistes pour exploiter notre travail ou encore nous racketter en gonflant les prix, par exemple) déployées par les grandes entreprises et les gouvernements bourgeois durant les dernières années ont participé à la hausse vertigineuse du coût de la vie. D’une part, cette hausse découle des dynamiques inflationnistes internationales engendrées par les conflits militaires, les désastres écologiques, les crises sanitaires et les autres dérangements des chaînes d’approvisionnement mondiales.

D’autre part, la hausse du coût de la vie découle aussi de décisions marchandes opportunistes. Dans le secteur privé, les capitalistes et les propriétaires augmentent les prix des marchandises et des loyers par pure spéculation. Dans le secteur public, les différents paliers de gouvernements imposent une rigueur budgétaire brutale en invoquant les déficits records, alors qu’il s’agit plutôt de détourner les fonds vers des projets lucratifs pour les multinationales étrangères. Les relations entre les syndicats et l’État employeur sont de plus en plus conflictuelles. Les gouvernements ont davantage recours, et plus rapidement, aux lois anti-syndicales, en particulier pour arrêter des grèves et les lock-out. Certaines, comme PL89 au Québec, ont été adoptées récemment par Québec tandis que d’autres, comme l’article 107 du Code du travail fédéral, est nouvellement interprétée pour limiter le droit de grève.

Face à la stagnation des salaires et à l’augmentation du coût de la vie, la classe ouvrière est contrainte de s’endetter à un niveau record pour maintenir son niveau de consommation. Selon Statistique Canada, l’écart de revenu entre les ménages les plus riches et les ménages les plus pauvres était, au premier trimestre de 2025, le plus grand écart jamais enregistré. Dans tous les cas, les capitalistes concentrent toujours davantage d’argent dans leur poches, même au beau milieu d’une période de crises multiples.

4. L’inabordabilité des loyers, ou quand le capital immobilier décide

La crise d’abordabilité des logements au Canada se développe de manière différente à travers le pays, mais présente certaines caractéristiques fondamentale :
• La prédominance du capital financier dans l’évolution du marché immobilier;
• Le processus de saturation du marché immobilier;
• La perte de confiance dans les politiques réformistes (de gauche comme de droite) qui se montrent incapables de régler la situation.

Durant les dernières décennies, l’un des principaux moyens utilisés par les bourgeoisies nationales pour dégager du profit a consisté à développer le capital immobilier. Le marché immobilier s’est transformé profondément avec les années 1980. La production immobilière nationale, historiquement réalisée grâce au capital de l’État, de petits entrepreneurs, de familles propriétaires et de prêts bancaires, est passée sous le contrôle de grandes entreprises financières internationales. Le contexte économique et politique néolibéral, celui de la libre circulation des capitaux internationaux, a permis au capital immobilier de devenir un outil privilégié de concentration de la richesse.

Les firmes d’investissement immobilières ont orienté leurs projets vers l’achat de terrains à fort potentiel pour les produits représentant le meilleur retour sur investissement, dont les tours à condos de luxe ou d’appartements dispendieux.
La construction de logements abordables, qui n’offrent pas les marges de profit escomptées, a naturellement été mise de côté.

La propriété immobilière s’est concentrée entre les mains d’un nombre de plus en plus restreint de propriétaires. De leur côté, les administrations municipales réformistes ont liquidé une partie de leur réserve foncière dans l’espoir de percevoir un maximum de taxes foncières des entreprises qui voudraient y construire des tours à condos. De manière unanime, les municipalités comptent sur l’initiative du secteur privé pour faire la promotion immobilière, la construction d’immeubles, l’aménagement de l’espace urbain et la gestion des logements. Finalement, ce sont les grands propriétaires qui dictent quelles infrastructures construire, où et dans quel but. Cette situation a entraîné la pire crise d’accès au logement abordable au Canada depuis des décennies.

Le logement représente le coût unique le plus important pour une personne locataire moyenne. De 2017 à 2023, le revenu médian d’un ménage canadien a augmenté de 4,65%. De son côté, le loyer moyen d’un appartement de 2 chambres fermées a augmenté 10 fois plus rapidement durant la même période. Selon un sondage de Royal LePage, près de la moitié (45%) des locataires québécois disent consacrer plus de 30% de leurs revenus nets au paiement de leur loyer. L’année précédente, cette proportion était d’environ 30% à Montréal selon le FRAPRU.

La crise de l’abordabilité du logement au Canada est l’expression de la crise du capital financier international. Ce dernier a investi tous les centres urbains les plus importants de la planète. À Toronto, la vente de condos au deuxième trimestre de 2025 a baissé de 77% depuis 2024. Elle est même sous la moyenne des 10 dernières années (91%). Pourtant, on y a construit un nombre record de condos en 2024, soit 2 478 nouvelles unités, alors que le prix moyen au pied carré a diminué de 6% comparé à l’année d’avant, et de 12% comparé à l’année précédente. Le nombre de condos invendus en 2025 a, quant à lui, augmenté de 43% comparé à 2024. En définitive, il y a trop de condos construits, beaucoup de condos invendus, et les prix baissent. Si les capitalistes peuvent parler d’une « stabilisation » du marché, les besoins de la classe ouvrière en termes de logement ne sont pas davantage comblés.

À Montréal, le marché immobilier empruntera aussi cette voie dans un avenir rapproché. En 2024, le prix des maisons, condos et plex continue d’augmenter respectivement de 7,6%, 6,4% et 6,8%. Il y a eu 14,6% et 18,8% plus de ventes de maisons et de condos comparé à l’année dernière, tandis que la vente de plex a diminué de 1,2%. Ces pourcentages se comparent à un taux d’inflation de 2,4% pour 2024. En d’autres mots, le marché surchauffe toujours. Davantage de construction, davantage de ventes, et les gens sont encore capables d’acheter. Les prix peuvent encore monter. Cependant, de mai à juin 2025 à Montréal, on observe une diminution des ventes de 13,5% pour les maisons, de 8,9% pour les condos et 17,2% pour les plex.

Mais les baisses relatives observées à Toronto ne mèneront pas à une baisse significative du prix des loyers ou des maisons. Et même si le prix des condos baisse significativement, cela indiquerait probablement une crise économique majeure, qui ne serait pas forcément dans l’intérêt de la classe ouvrière. Une baisse générale des prix pourrait vouloir dire des faillites, des fermetures, des annulations de projets de construction. L’évolution de la situation de Toronto montrera ce que les capitalistes feront pour s’adapter.

Dans l’arrondissement de Verdun, il y a davantage d’annonces de nouvelles propriétés à vendre et davantage de transactions. Mais le prix moyen à la vente commence à diminuer. Notons que Verdun connaît un taux d’inoccupation de logements locatifs très faible (0,6% vs 1,7% pour Toronto), et pourrait continuer d’absorber un certain niveau de production immobilière avant de voir les niveaux de ventes baisser. Ceci s’explique en partie par la grande désirabilité de ce quartier à un stade maintenant assez avancé de gentrification.

4.1. Montréal, ville gentrifiée

La crise d’abordabilité des logements amplifie plusieurs situations qui placent des segments spécialement opprimés de la classe ouvrière dans des conditions de vie encore pire. Les loyers trop chers participent à l’augmentation drastique du nombre de personnes itinérantes ou évincées de leur logement. De 2018 à 2022, ce nombre a augmenté de 49% à Montréal. La Ville possède 70% des personnes itinérantes de la province. Les trois quarts se trouvent dans les quartiers de Ville-Marie, Plateau Mont-Royal, Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Sud-Ouest et Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce. L’explosion du nombre total de personnes sans-abris provoque une expansion des territoires où elles vivent. Verdun n’échappera pas à cette tendance.
Les personnes autochtones continuent d’être surreprésentées en itinérance. Leur taux d’itinérance est cinq fois plus élevé que la proportion de leur population totale. À Montréal, d’autres populations itinérantes occupent également une place plus grande que leur proportion dans la population. Ce sont les jeunes 2SLGBTQIA +, les personnes ayant été placées par la Direction de la protection de la jeunesse, ayant servi dans les Forces armées canadiennes ou la Gendarmerie royale.

La situation des femmes itinérantes empire plus rapidement. La proportion des femmes itinérantes était de 23% en 2018, et de 29% en 2022. Mais ces statistiques ne nous laissent voir que la pointe de l’iceberg. L’itinérance cachée, celle où les gens habitent temporairement chez des ami·es, dans leur voiture ou dans des endroits non sécuritaires ou violents, n’est pas comptabilisée.

On peut estimer que le taux de violence contre les femmes augmente aussi. De 2014 à 2018, le nombre de cas refusés par les centres de femmes victimes de violences, en majorité par un manque de ressources et services, a augmenté de 69%. En 2024, SOS Violence conjugale a été incapable de trouver des services ou un refuge pour 49% des personnes qui ont appelé.

Les mécanismes à l’origine de l’augmentation de ces indicateurs sont complexes et varient en fonction des populations visées. Mais une chose est certaine, les personnes dans ces situations subissent une pression accrue pour accepter des conditions de vie difficiles afin d’éviter de finir dans la rue et d’y mourir. La crise du logement donne plus de latitude aux propriétaires d’ignorer les populations problématiques, car il y a une forte demande de personnes prêtes à louer des appartements trop chers, trop petits ou insalubres. Les prix plus élevés poussent les populations vulnérables hors des quartiers centraux ou les obligent à habiter des taudis insalubres et endurer des situations intenables avec des partenaires ou des parents violents. L’incapacité de trouver un nouvel appartement force les personnes à accepter la discrimination de leur propriétaire, parent, colocataire ou voisin. Les coupures dans les services publics ferment aussi les portes de sortie pour ces personnes.

Cette crise ne peut pas être gérée ni réglée par des investissements policiers toujours plus importants. Axé sur la répression, le travail de la police ne peut que criminaliser ces personnes en détresse, les déplacer vers d’autres quartiers ou, au mieux, les envoyer vers des ressources déjà débordées. Les sommes colossales investies dans l’armement de la police ainsi que dans ces programmes de surveillance politique et sociale doivent être réinvesties dans des services publics de proximité.

4.2. Une solution socialiste

L’importance de la crise du logement pour la conscience politique de la classe ouvrière, spécifiquement à Verdun, nécessite que nous proposions des solutions concrètes. La présence de camps de personnes itinérantes et la violence policière utilisée pour les déloger est un exemple flagrant et directement observable de l’incapacité, pour les réformistes, de régler le problème. Il n’y aura pas de solution tant que le contrôle du sol, de la construction d’infrastructures d’envergure et de la gestion des logements sera fait dans l’intérêt des entreprises capitalistes.

Pour que le logement soit rationnellement construit, entretenu et partagé selon les besoins, il devra être produit par et pour la classe ouvrière, à travers une planification démocratique qui réponde à nos besoins. Pour rendre ce plan possible, nous aurons besoin de mettre sous contrôle public la propriété existante, surtout celle qui est socialement inutile comme les condos luxueux. Nous aurons besoin d’exproprier les plus grands propriétaires terriens et leurs projets de construction ainsi que reprendre le contrôle des industries de construction liées au logement. En d’autres termes, nous devons nous attaquer aux promoteurs et aux propriétaires qui ne répondent pas à nos besoins ainsi qu’aux compagnies financières qui les financent. Pour combler ses besoins, la classe ouvrière a besoin de créer des pôles de promotion, de construction et de gestion immobilière publics et démocratiques.

5. La hausse artificielle du coût du panier d’épicerie

De 2020 à 2025, le prix du panier d’épicerie a augmenté de 27.1% tandis que le salaire moyen, lui, a augmenté de 23%. La production agroalimentaire est affectée par les guerres, les changements climatiques et les tarifs douaniers. Une autre variable est la hausse opportuniste des prix par les groupes d’épiceries comme Loblaws (compagnie George Weston), Metro et Sobeys.

Les hausses de prix liées à la guerre découlent du dérangement des marchés touchés par le conflit. L’invasion de l’Ukraine par la Russie a eu un impact important sur les marchés mondiaux. L’approvisionnement et le niveau de production alimentaire se sont transformés depuis le début du conflit, il y a 3 ans. Bien que le niveau de production ukrainien ait baissé, le niveau de la Russie, lui, a augmenté. D’autres producteurs ont pris la place de l’Ukraine et les prix se sont adaptés. La région de l’Asie du Sud, par exemple, importe 69% moins de l’Ukraine, mais 49% plus de la Russie. Bien que les prix alimentaires mondiaux se stabilisent, ils demeurent plus élevés qu’avant la guerre. Puisque les guerres et l’instabilité politique risquent d’augmenter dans la prochaine période, on peut s’attendre à de nouvelles déstabilisations, et donc, à de nouvelles hausses de prix.

Les augmentations de prix liées aux changements climatiques risquent d’être imprévisibles, mais limitées à certaines marchandises spécifiques devenues plus difficiles ou impossibles à cultiver. Le prix du cacao a augmenté de 300% en 2024 en raison des changements climatiques dans les principales régions productrices.

Le prix est retombé depuis, mais seulement en partie. Ironiquement, les réglementations plus sévères contre la déforestation contribuent à ces hausses de prix, démontrant l’incompatibilité entre le développement durable et les intérêts capitalistes.

Les tarifs imposés par le gouvernement Trump affectent l’économie canadienne de manière similaire. Certains prix vont augmenter drastiquement, mais pour des marchandises spécifiques. Les produits alimentaires qui sont directement visés par ces tarifs sont les produits frais, comme les fruits et légumes. Les contre-tarifs canadiens affectent d’autres marchandises spécifiques, comme le jus d’orange et les crevettes. Trump impose des tarifs, mais semble en enlever le lendemain. Il est donc difficile de se faire une idée précise, sauf pour la direction actuelle des marchés, qui vont continuer d’augmenter leurs prix devant ces incertitudes.

À Verdun, les tarifs sur l’alimentation affectent davantage les petites et moyennes entreprises que les grandes multinationales. Ces entreprises n’ont pas les mêmes ressources ni la même agilité pour changer de fournisseurs. Les grands groupes d’épiceries opèrent souvent déjà dans plusieurs pays, et ont déjà des relations industrielles bien établies. Les petites chaînes indépendantes, qui font en moyenne 2% de profit sur leurs ventes, risquent d’augmenter leurs prix beaucoup plus rapidement et drastiquement – ou fermer leurs portes.

Tous ces acteurs économiques réalisent que les tarifs ne sont pas une stratégie à court terme de l’administration Trump, mais une réalité qui pourrait durer encore des années. Ils réagissent en diminuant la quantité achetée par commande, afin de pouvoir mieux répondre à des changements soudains. Cela se traduit par des augmentations additionnelles.

Certaines compagnies vendent à perte, mais cette pratique est insoutenable à long terme. Loblaws doit rembourser 500 millions $ aux consommateurs qui ont acheté du pain, car elle a été reconnue coupable d’avoir fixé les prix entre 2001 et 2015. Les accusations visent les autres grandes compagnies, mais seulement Loblaws a accepté le règlement. La situation d’oligopole leur permet de trouver 1001 stratégies pour fixer les prix, peu importe les réglementations du droit bourgeois.

Une conscience de classe se bâtit autour de ces développements alimentaires. Les changements climatiques produisent des conséquences économiques qui affectent le quotidien des gens. Les troubles dans les chaînes d’approvisionnement démontrent que nous avons besoin d’un mouvement anti-guerre. Les tarifs de Trump, ainsi que les contre-tarifs canadiens, démontrent que les bourgeois n’ont rien à offrir pour réellement régler les problèmes à la source. Finalement, le scandale de fixation des prix démontre que les compagnies ne sont pas là pour répondre à nos besoins. Tous ces éléments peuvent contribuer à faire hausser le niveau de conscience de classe.

Pour répondre à tous ces problèmes, nous devons prendre le contrôle à tous les niveaux du secteur agroalimentaire. Sans gestion socialiste, la production agricole, sa distribution, sa circulation et sa vente se feront aux dépens de notre planète et des personnes qui y travaillent. Sans révolution, les guerres capitalistes vont continuer et affecteront les chaînes d’approvisionnement mondiales.

6. Se déplacer moins, pour plus cher

Que ce soit à travers la hausse des prix de l’essence, des tarifs de transport en commun ou du prix des véhicules, la population paie les frais d’un modèle de développement basé sur la subordination des infrastructures aux intérêts nationaux et internationaux privés. Les compagnies pétrolières canadiennes, protégées par les gouvernements, profitent de la crise énergétique mondiale pour engranger des profits massifs. Entre 2019 et 2022, les profits du secteur pétrolier et gazier au Canada ont décuplé de 6,6 milliards $ à 66,6 milliards $. Le gouvernement fédéral de Trudeau n’a pu que leur demander de diminuer leurs émissions d’ici 2030. Mais son successeur Mark Carney a vite fait d’abolir la taxe carbone et de suspendre le quota de ventes de véhicules électriques. Cette hausse des profits s’explique entre autres par une incertitude énergétique à l’échelle mondiale, en grande partie attribuable à la guerre en Ukraine, qui a entraîné une croissance accrue de la demande internationale en énergie canadienne.

Simultanément, les politiques publiques de financement des transports collectifs sont insuffisantes, notamment en raison d’une baisse des recettes tarifaires depuis la pandémie (par exemple, achalandage moindre, travail à la maison). Toutefois, ce sont les coupures de dizaines de millions $ dans les services de transport en commun effectuées par les différents paliers gouvernementaux qui ont réellement changé la donne. En 2024, la ministre québécoise des Transports et de la Mobilité durable, Geneviève Guilbault, a commandé une étude à une firme sur les manières de réduire davantage les coûts. La firme propose de couper 324 millions $ à la grandeur du Québec, dont plus de 100 millions $ à Montréal. Les gouvernements capitalistes tiennent plutôt à investir notre argent dans les compagnies privées comme Northvolt (batteries) ou Lion Electric (véhicules électriques). Ces deux fiascos (Northvolt et Lion Electric), qui ont siphonné des fonds publics avant de disparaître, empêchent un réel développement de technologies de transport durable pourtant si importantes pour mitiger les changements climatiques. La CAQ continue pourtant dans la même voie, donc on peut s’attendre à d’autres coupures dans les services pour financer les investissements dans les compagnies privées.

Ceci maintient la dépendance de la classe ouvrière à la voiture individuelle, et alimente l’industrie pétrolière et automobile, deux secteurs stratégiques pour le capitalisme canadien. Les ventes de voitures neuves au Québec ont d’ailleurs bondi depuis la pandémie. Cette dépendance des travailleurs et travailleuses envers la voiture individuelle donne aussi plus de pouvoir aux constructeurs automobiles. Ces derniers préfèrent construire des autos de plus en plus grosses et chères – le prix moyen pour un véhicule neuf vendu au Québec était supérieur à 66 000 $ à la fin de 2024, comparativement à près de 40 000 $ cinq ans plus tôt. Les constructeurs doivent dépenser des sommes faramineuses en marketing pour les vendre, mais peuvent ainsi augmenter leurs profits. Pourtant de telles voitures affectent démesurément l’environnement, notre santé et notre portefeuille, ainsi que les infrastructures routières dont plusieurs sont financées par les villes. Qui plus est, le coût de l’essence est toujours volatile et tend à augmenter beaucoup plus vite que l’inflation.

Les Québécois et Québécoises achètent de plus en plus de voitures électriques, mais là aussi, le coût de l’électricité augmente plus vite pour les ménages (3%) que pour les grands clients industriels (1.7%). On se souviendra qu’Hydro-Québec avait fait d’énormes avancées vers une voiture électrique déjà dans les années 90, avant de vendre ses brevets.

Il faut redonner à Hydro-Québec la capacité financière de développer et ensuite construire de tels projets, afin que les profits restent dans les poches du public.

6.1. Le transport en commun attaqué à Montréal

La seule solution pour sortir de l’emprise de la voiture individuelle est le transport en commun. Pourtant, la ministre Guilbeault propose plutôt d’attaquer les salaires des employé·es, ce qui représente 63% du budget de la Société de transport de Montréal (STM). Pour y arriver, la firme recommande de faire appel à la sous-traitance et de geler les dépenses salariales. Cela explique l’intransigeance de la STM dans les conflits de travail actuels avec ses employé·es.

La firme recommande aussi de privatiser une partie des services. Le transport adapté de la STM est d’ailleurs sous menace de privatisation d’ici 2026. Cela a été dénoncé par le syndicat des employé-es professionnel-les de la STM, qui décrit la perte de la qualité du service et la perte d’expertise interne qui seront associées à cette coupure.

Le plus important exemple de partenariat public-privé dans les transports en commun est celui du Réseau express métropolitain (REM), dont les employé·es ne sont pas syndiqué·es, construit avec la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ). L’arrivée du REM est la bienvenue pour les gens qui doivent se déplacer entre Brossard, l’île-des-Soeurs et le centre-ville. Cependant, « en 2027, la facture du REM sera financée à hauteur de 120 millions par les revenus tarifaires d’usagers utilisant précédemment d’autres modes de transport collectif, créant un manque à gagner équivalent pour le financement des autres modes ». Ceci risque de mener à des coupures encore plus grandes dans ces autres modes, contre lesquelles les travailleuses et les travailleurs devront se battre s’ils veulent que l’offre de transport en commun ne se détériore pas.

Une autre stratégie des gouvernements pour faire payer la facture du transport en commun à la classe ouvrière est bien sûr d’augmenter les tarifs. En conséquence, le prix des laissez-passer de transport en commun (STM, REM, exo) augmente régulièrement, tandis que la qualité et l’accessibilité des services stagne voire régresse dans certains quartiers populaires. Par exemple, l’abonnement mensuel de la STM est passé de 68,50$ en 2009 à 104,50 en 2025 – une hausse de 53%, plus haute que l’inflation de 48% au Canada durant la même période.

Ceci explique en partie pourquoi il est de plus en plus commun de voir des gens passer les tourniquets du métro ou entrer par la porte de derrière de l’autobus sans payer. De 2009 à 2013, la STM a observé une hausse de 13 % des signalements pour non-validation de titres de transport. Comme la STM est aussi submergée par les actes d’incivilité, ses constables spéciaux ont moins de temps pour intervenir à propos de titres non-validés.

La gratuité totale des transports en commun permettrait à la classe ouvrière de se déplacer selon ses besoins. Cette mesure permettrait également d’éviter les coûts associés à la vente, validation et vérification des titres de transport. Cette mesure augmenterait l’usage du service et aiderait à diminuer l’impact écologique et sur la santé du transport à Montréal. Plusieurs groupes demandent la tarification sociale depuis longtemps, d’ailleurs promise par PMTL, Ensemble Montréal et maintenant Transition Montréal. Mais cette promesse ne réglera rien dans le contexte actuel. La courte vue gestionnaire des élites politiques lui fait plutôt investir des milliards ailleurs.

Il faudra une grande mobilisation de la classe ouvrière pour imposer la gratuité du transport en commun et l’amélioration du service. Les syndicats de ce secteur sont les acteurs ayant le plus de pouvoir dans ce dossier.

À Verdun, l’accès au métro est concentré autour de 4 stations : Lasalle, de l’Église, Verdun, et Jolicoeur, juste à l’extérieur de l’arrondissement. À l’exception de Jolicoeur, aucune de ces stations de métro ne possède d’ascenseur, malgré leur grande profondeur. Cette situation les rend inaccessibles pour les personnes à mobilité réduite ou encore les parents avec poussettes. L’ajout d’un ascenseur à la station de l’Église a été priorisé par la STM, mais le programme d’accessibilité du métro de la CAQ est sous arrêt. Avec le vieillissement de la population, la demande en accessibilité va augmenter. Les gouvernements bourgeois seront incapables d’y répondre. À Montréal, le manque d’accès au transport en commun se fait déjà ressentir.

Pour défendre l’accès universel au transport en commun, nous avons besoin d’un réseau entièrement public, gratuit, et accessible pour les personnes à mobilité réduite. Un financement massif provenant de la taxation des compagnies polluantes et de la nationalisation du secteur des transports permettra de garantir des emplois syndiqués de qualité, ainsi qu’un déploiement de nouvelles lignes et infrastructures. Une prise de contrôle entièrement publique de Bixi, Communauto et des autres grandes compagnies de location permettra d’intégrer ces services aux transports publics.

7. Une vague d’immigration exploitable

Au Canada, le développement de plusieurs secteurs d’emplois nécessite une force de travail disponible à coût réduit. Cette force de travail, désespérée et prête à se faire exploiter à un niveau beaucoup plus élevé que notre force de travail, vient de l’immigration temporaire (travail domestique, logistique, agriculture). D’autres secteurs, comme les technologies ou la santé, peuvent requérir des personnes qualifiées introuvables en quantité suffisante au pays. Dans les deux cas, l’État se charge de légiférer et d’aller chercher des personnes à l’étranger pour les compagnies. Les élites s’assurent ainsi d’avoir une couche de la population désespérée, prête à accepter les pires discriminations.

Afin de maximiser les profits, les patrons et les propriétaires profitent des vulnérabilités des personnes immigrantes (méconnaissance de la langue, des lois, des ressources d’aides) pour les exploiter: mauvaises conditions de travail, logements insalubres, bas salaires, etc.

D’un côté, les élites politiques ont organisé cette vague historique d’immigration pour combler les emplois disponibles. De l’autre, ces mêmes élites, aidées par leurs relais médiatiques, blâment les personnes immigrantes pour les problèmes qu’elles ont elles-même causés, comme le manque de logements abordables, le déclin du français ou l’insécurité urbaine.

D’abord, Montréal devrait réellement être une ville sanctuaire pour toute personne fuyant la guerre, les persécutions, les catastrophes ou la misère. Ensuite, toute personne qui travaille en sol québécois devrait avoir les mêmes droits, notamment syndicaux. Toute personne devrait avoir accès à des cours de français gratuits, payés par l’employeur et effectués sur les heures de travail.

8. Le radicalisme petit-bourgeois : l’illusion réformiste à briser

Depuis son arrivée au pouvoir en 2017, Projet Montréal (PMTL) s’est positionné comme un parti « progressiste », porteur de promesses de transition écologique, de mobilité durable et d’accès au logement. Pourtant, sous le vernis de la « ville verte et inclusive », la concentration des richesses dans les mains d’une minorité d’intérêts financiers (promoteurs, fonds d’investissement immobilier, grandes corporations) n’a cessé de s’intensifier.

Cette polarisation économique, typique du capitalisme néolibéral en crise, a produit son contrecoup politique : une montée de la droite autoritaire dans les discours sécuritaires, une désaffection populaire envers les institutions municipales et une perte de légitimité profonde pour les forces réformistes comme PMTL, incapables de briser les carcans structurels du capital.

9. L’autoritarisme « progressiste » : La main verte qui tient le bâton

PMTL, qui se disait porteur d’une gestion humaine et écologique de la ville, a été le principal artisan du tournant autoritaire à Montréal. Ce parti a :
• Fait démanteler des camps de personnes itinérantes sous couvert de «propreté et sécurité urbaine».
• Réalisé des investissements historiques dans la police, justifiés par la lutte contre les gangs, la crise de l’itinérance, de la santé mentale et les «incivilités» de rue.
• Soutenu indirectement les acteurs commerciaux qui font pression contre les populations marginalisées (comme dans le Village inclusif, par exemple).

La répression de la pauvreté et la surveillance accrue des espaces publics ne sont pas des dérives isolées, mais bien une fonctionnalité essentielle du capitalisme urbain : contrôler et invisibiliser les effets sociaux de la précarité générée par la spéculation immobilière et la marchandisation des infrastructures. Ce que PMTL vend comme un «problème de sécurité» n’est en réalité que le résultat de sa gestion politique inefficace des contradictions du capital.

10. Le réformisme sans rapport de force : Mendier à Ottawa et Québec

La stratégie politique de PMTL repose essentiellement sur une logique d’interpellation envers les gouvernements provincial et fédéral, sans s’appuyer sur un rapport de force social ancré dans l’organisation et la mobilisation des quartiers. Les grandes réformes promises et souhaitables (la Ligne rose, les 60 000 logements abordables) n’ont aucun chance de se réaliser à travers la politique parlementaire. Seul un rapport de force massif pourra leur faire prendre corps.

En l’absence d’un large mouvement populaire et militant, les revendications de PMTL restent condamnées à l’impuissance. Toute revendication qui remet en cause la profitabilité d’une grande compagnie privée ou d’un secteur industriel privé sera combattu de toute part. La loi bourgeoise et le jeu parlementaire sont conçus pour défendre la propriété privée et la profitabilité. Les changements radicaux nécessaires pour répondre aux besoins de la population nécessitent de s’en prendre à cette propriété, et donc d’outrepasser la loi et les formes de pouvoir parlementaires. Les réformistes petit-bourgeois comme ceux de PMTL se retrouvent coincés entre leurs ambitions humanistes et les exigences pratiques de gestion des intérêts économiques et immobiliers qui dominent la ville.

11. L’urbanisme « vert » comme vecteur de gentrification

Dans l’absolu, les projets de verdissement, de revitalisation des berges, de piétonnisation et de développement des pistes cyclables constituent des avancées pour la qualité de vie de tout le monde. Pourtant, ces projets se sont traduits par une accélération de la gentrification des quartiers populaires, où la spéculation immobilière a suivi la valorisation urbaine orchestrée par la Ville.

À Verdun, les valeurs immobilières ont explosé depuis la pandémie. Les taxes foncières ont également augmenté. Les propriétaires occupants en souffrent. Ceux qui ont des locataires leur refilent la facture dans le loyer. De leur côté, les promoteurs immobiliers profitent de la hausse de la valeur immobilière pour vendre leurs unités de condos encore plus cher. PMTL, en tentant de concilier urbanisme progressiste et intérêts du capital foncier, n’a fait que renforcer la domination du capital immobilier.

12. L’impasse électorale de PMTL : Crise de légitimité et montée de la droite

Les sondages désastreux de 2024 ont mis en lumière l’essoufflement de PMTL. La sortie de Valérie Plante de la course à la mairie est symptomatique de la crise politique du réformisme municipal. La nomination de Luc Rabouin, qui se présente comme la continuation de Plante, ne changera pas la tendance actuelle prise par PMTL:
• la perte de son appui électoral;
• l’incapacité à répondre aux revendications urgentes en matière de logement, de transport et d’accès aux services;
• un tournant de plus en plus autoritaire.

PMTL, à l’instar de Reform UK en Angleterre, instrumentalise la question de la sécurité et de la «propreté urbaine» pour attaquer les droits sociaux sous couvert d’efficacité. L’enjeu de l’itinérance, par exemple, ne se réglera jamais par la répression. Il s’agit d’un problème d’accès au logement, à des soins et à des services.

PMTL n’a pas été capable d’emprunter la 3e voie, celle d’une conciliation entre les impératifs du capital et les aspirations morales humanistes des forces petites-bourgeoises et bourgeoises qui le dirigent. L’existence d’une telle 3e voie étant illusoire, c’est notre rôle de démasquer cette illusion au grand jour. On doit aider la classe ouvrière à comprendre que la seule voie qui subsiste pour réaliser les projets les plus importants pour elle est celle d’une rupture offensive d’avec les forces capitalistes, une politique qui se donne les moyens d’arracher par l’action ouvrière ce que les institutions capitalistes ne céderont jamais de bon gré.

13. L’alternative révolutionnaire : Construire un rapport de force par le bas

Dans ce contexte, il devient clair que seule une approche socialiste révolutionnaire, basée sur l’organisation de la classe ouvrière et la mobilisation de masse, peut contrecarrer à la fois :
• la hausse du coût de la vie;
• la mainmise du capital immobilier et financier sur le sol, les logements et les décisions municipales;
• la dégradation des services publics;
• la dilapidation des fonds publics;
• la discrimination et la xénophobie;
• la dégradation de la qualité de vie et des liens sociaux.

L’expérience des candidatures socialistes militantes, qui ont su dépasser en pourcentage de votes certaines candidatures de partis installés, démontre qu’il existe un espace politique pour une alternative socialiste. Toutefois, cet espace ne sera conquis que par une stratégie de confrontation directe avec les intérêts du capital. Une élue socialiste permettrait d’aider à l’organisation et l’union des luttes (ex. syndicales, communautaires, étudiantes), d’aider à leur donner une direction politique claire et à concentrer leur action.

14. Briser les carcans de la gestion capitaliste de la Ville

Il est illusoire de penser résoudre les crises sociales en restant dans les cadres actuels. Il faut:
Fortement taxer toutes les grandes compagnies, en particulier les GAFAM;
• Exproprier le sol des grands propriétaires terriens montréalais;
• Exproprier les immeubles stratégiques ainsi que ceux laissés vacants ou inoccupés, sans égard à la loi;
• Effectuer des investissements massifs dans les services publics, comme le logement public;
• Désarmer et définancer la police pour réinvestir dans les infrastructures sociales;
• Refuser tout développement d’entreprises militaires sur l’Île de Montréal et procéder à la reconversion des activités et emplois de telles usines déjà existantes.

Construire Alternative Socialiste

Le rôle de notre organisation dépend du chemin à parcourir entre la réalisation des nécessités objectives pour améliorer la qualité de vie de la classe ouvrière et son niveau de conscience de classe. Nous aidons en clarifiant l’identité et le rôle des acteurs économiques les plus significatifs dans la gestion municipale.

De mauvaises perspectives guident vers de mauvaises pratiques. Les organisations réformistes libérales sont ignorantes de leur incapacité à voir les développements économiques sous-jacents aux phénomènes sociaux ou à s’attaquer aux grands acteurs économiques. Ceci rend leur politique pro-bourgeoise, et donc à l’encontre des intérêts des travailleurs et travailleuses par défaut.

Des milliers de personnes se rendent compte que le système ne fonctionne pas. Nous avons des réponses absolument essentielles à apporter aux militantes et militants des luttes de la prochaine période. Des campagnes et des programmes bien préparés nous permettront de faire croître le niveau de conscience de classe à Montréal et de faire croître Alternative Socialiste.

Nous vaincrons!