Dans de nombreuses régions du monde, il semble que l’on revienne sur les acquis du mouvement des femmes et des luttes ouvrières. C’est le symptôme d’un système capitaliste qui, dans son état de crise et de décomposition, se tourne vers des idées, des dirigeants et des dirigeantes réactionnaires pour se défendre. Face à cela, il faut une réponse féministe socialiste forte.
Par Alternative socialiste internationale (ASI)
En 1914, la quatrième Journée internationale de lutte pour les droits des femmes était la première à avoir lieu un 8 mars. Le monde était au bord du conflit inter-impérialiste le plus sanglant de l’histoire de l’humanité à ce moment. Cette journée est devenue un point de ralliement pour celles et ceux qui s’opposaient à la guerre.
En Allemagne, une des affiches les plus emblématiques jamais conçues pour cette journée – une femme brandissant un long drapeau rouge flottant, avec la revendication du suffrage universel pour les femmes inscrite en dessous – a été officiellement interdite dans les semaines précédant les manifestations prévues. La police arrachait les affiches et a pris pour cible les militants et les militantes. Pourtant, l’image utilisée reste l’une des affiches politiques les plus reconnaissables de l’histoire. La répression policière a échoué. Les manifestations de la Journée internationale des femmes ont bien eu lieu. En fait, au-delà d’une journée de lutte pour le droit de vote des femmes, le 8 mars 1914 est devenu une journée d’action massive contre la guerre impérialiste et l’État capitaliste réactionnaire.
Guerre et politique de genre réactionnaire
Les socialistes à l’origine de la Journée internationale des femmes travailleuses, dont des figures comme Clara Zetkin, comprenaient que la lutte pour les droits des femmes et la lutte contre le militarisme, le nationalisme, l’impérialisme et le capitalisme allaient de pair. La guerre et sa préparation accentuent et exacerbent les traits les plus laids et réactionnaires du système capitaliste. Militarisme et autoritarisme vont de concert. Les régimes «d’homme fort» – comme leur nom l’indique – s’appuient volontiers sur les rôles de genre patriarcaux. On fait la promotion de la famille nucléaire comme fondement d’une société stable – à la fois source de discipline et de protection.
Lors de la Première Guerre mondiale, les hommes de la classe ouvrière ont été sacrifiés en masse, transformés en chair à canon pour la machine de guerre capitaliste. Des millions ont péri au nom de l’impérialisme. Pendant ce temps, le «double fardeau» des femmes travailleuses, qui peinaient à la fois dans les usines et à la maison, s’est intensifié encore davantage. Il n’est donc pas surprenant que ce soient justement ces femmes travailleuses qui ont, trois ans plus tard, déclenché la Révolution russe à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. En 1917, elles ont quitté les usines textiles et sont descendues dans les rues glacées de Petrograd.
Une histoire particulièrement pertinente en 2025
Si une guerre mondiale n’est pas une menace immédiate, comme en 1914, nous vivons néanmoins à une époque où le conflit inter-impérialiste est une caractéristique centrale de la situation mondiale. Nous sommes également dans une période où la droite autoritaire est en pleine ascension et gagne du terrain. Donald Trump, l’homme le plus puissant de la planète, est devenu une figure de proue internationale pour ces forces réactionnaires.
Le régime de Trump revendique une approche agressive sur les questions sociales. Son principal allié – et l’homme le plus riche du monde – Elon Musk, s’autoproclame leader de la «guerre contre le wokisme». Trump a consolidé un noyau dur de soutien réactionnaire aux États-Unis, déterminé à imposer son programme. Un élément central de leur politique est la réaffirmation de normes de genre rétrogrades, à travers des attaques contre les droits des femmes et des personnes trans.
Dès son premier jour, Trump a signé un décret affirmant l’immutabilité du genre binaire, déclarant qu’il n’existe «que deux genres». Cette mesure constitue avant tout une attaque effrayante contre les droits des personnes trans, qui subissent déjà une violence et une discrimination massives aux États-Unis et dans le monde entier. Mais des politiques comme celle-ci ont aussi un effet d’entraînement sur l’ensemble des femmes, car elles visent à réaffirmer et renforcer des idées traditionnelles sur des rôles de genre supposément biologiques et immuables. Ce sont précisément ces idées qui servent à justifier la surcharge des femmes dans le travail domestique, à attaquer les droits reproductifs – comme on l’a vu avec le renversement de l’arrêt Roe v. Wade – et à perpétuer une culture qui tolère, voire encourage, les violences de genre.
Le fait que Trump ait un cabinet comprenant plusieurs personnes accusées d’abus sur des femmes et des enfants témoigne de cette réalité. Bien sûr, Trump lui-même a fait l’objet de 26 accusations distinctes d’inconduite sexuelle au cours de sa carrière. Le fait que cela soit largement connu et n’ait pas empêché son ascension au pouvoir souligne la nature réactionnaire des forces actuellement déchaînées. En effet, l’ascension de la «manosphère» et des influenceurs misogynes répugnants comme Andrew Tate contribue à la formation d’une minorité croissante d’hommes développant des attitudes extrêmement négatives à l’égard des femmes. Cela a joué un rôle dans la série d’attaques terroristes et de féminicides perpétrés par des individus influencés par la culture «incel» en ligne. Cela a également contribué à alimenter la montée des groupes violents d’extrême droite et suprémacistes blancs.
L’extrême droite et l’antiféminisme
Ce n’est pas seulement un enjeu concernant les États-Unis. À travers le monde, la droite s’affirme de plus en plus. Elle est en ascension dans une grande partie de l’Europe. En Allemagne, la préparation des élections générales a été marquée par l’effondrement décisif d’un «pare-feu» contre l’extrême droite. C’est-à-dire que jusqu’ici, les élites capitalistes traditionnelles refusaient de collaborer avec l’extrême droite de l’AFD. Dans le pays voisin, le FPÖ, également d’extrême droite, a récemment dominé les sondages lors des élections générales, même s’il n’a pas été en mesure de former l’accord de coalition nécessaire pour constituer un gouvernement.
Pendant ce temps, en France, Marine Le Pen continue de viser la présidence. Le mouvement ouvrier et la gauche, sous la forme de La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, sont les seules forces capables de l’arrêter. De l’autre côté de la Manche, en Grande-Bretagne, le Parti populiste de droite Reform UK est désormais le plus populaire dans les sondages. L’extrême droite est déjà au pouvoir en Italie. Et l’Europe de l’Est a pris de l’avance sur cette montée des forces d’extrême droite, avec des figures comme Viktor Orbán au pouvoir depuis une quinzaine d’années.
Les forces de la révolution et de la contre-révolution continuent de s’affronter dans de nombreux pays d’Amérique latine. Mais la droite a certainement bénéficié d’un élan supplémentaire depuis l’élection de Trump. L’extrême droite au Brésil espère tirer parti de la victoire de Trump, malgré la récente inculpation de Bolsonaro pour complot en vue d’un coup d’État après sa défaite électorale en 2022. En Argentine, le gouvernement Javier Milei a, à bien des égards, ouvert la voie à l’agenda politique anti-woke maintenant mis en œuvre aux États-Unis. Cela se bute cependant à des mouvements féministes, LGBTQ+ et ouvriers puissants.
En Inde, «l’homme fort» Narendra Modi se présente comme le défenseur de l’honneur des femmes hindoues contre les «dangereux» hommes musulmans. Il s’agit d’une stratégie classique de la droite. D’une part, cette droite se présente comme la sauveuse d’un groupe particulier de femmes (généralement des femmes blanches et cisgenres en Occident) contre les «dangers» qu’elles encourent de la part de diverses minorités diabolisées – femmes trans, musulmans, etc. Cela sert ensuite de prétexte pour les politiques violentes de l’État capitaliste à l’égard de ces minorités – des politiques qui affectent directement des millions de femmes. Cette narration est aussi utilisée pour justifier la violence de rue des groupes d’extrême droite de type vigiles, dont la brutalité est activement encouragée par l’État.
La Chine est l’autre acteur principal dans le conflit inter-impérialiste mondial avec les États-Unis. Là, la stratégie de Xi Jinping pour résoudre la crise démographique du pays est une réaffirmation agressive des rôles de genre traditionnels. Cette approche inclut la restriction des droits à l’avortement. L’État a également aboli la répressive politique de l’enfant unique. Mais plutôt que de laisser les individus planifier leur famille, le gouvernement pousse désormais les femmes à avoir trois enfants. Des militantes féministes ont été emprisonnées. Pendant ce temps, le mouvement #metoo, qui avait connu une importante montée en 2018, a été poussé à la clandestinité.
La Russie adopte également une politique fortement antiféministe. Même si de plus en plus d’hommes sont envoyés dans le «broyeur» de la guerre sanglante en Ukraine, les messages de Vladimir Poutine à l’égard des femmes continuent de se concentrer sur la nécessité pour elles «d’avoir des enfants pour la Russie» et d’embrasser «le patriotisme, pas le féminisme».
À travers l’Afrique, où les puissances impérialistes rivales continuent de se partager les richesses d’un continent riche en ressources naturelles et doté d’une classe ouvrière jeune et nombreuse, les conditions de vie quotidiennes continuent de se détériorer pour des millions de personnes. L’Afrique reste la région du monde où les femmes ont le plus de chances d’être tuées par un partenaire intime. Les manifestations contre les féminicides au Kenya plus tôt cette année ont été réprimées par le gouvernement détesté de Ruto. Au Congo, le viol de masse a été utilisé comme une arme de guerre, alors que le groupe rebelle M23 soutenu par le Rwanda a pris le contrôle d’une grande partie de l’est du pays. Parallèlement, un autre des conflits les plus importants du continent – la guerre en cours au Soudan – a conduit à plus de 5,6 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays. Cela rend les femmes et les filles encore plus vulnérables à la violence sexiste.
L’oppression des femmes amplifiée en temps de guerre
L’oppression des femmes est amplifiée en temps de guerre. En 2023, les femmes ont représenté 40% des décès dans les conflits. Le nombre de femmes dans les zones de conflit, confrontées à la violence sexuelle, a considérablement augmenté et beaucoup n’ont pas accès aux soins de santé. Un rapport de l’ONU sur les femmes, la paix et la sécurité a noté une «hostilité croissante […] à l’égard des droits des femmes et de l’égalité des genres.»
La guerre sanglante au Moyen-Orient, en particulier la campagne génocidaire du régime israélien à Gaza, a provoqué de loin le plus grand mouvement de protestation internationale des dernières années. C’est également la question qui a redéfini les relations mondiales en 2024. Le bilan humain effroyable des politiques meurtrières du régime israélien a choqué les travailleuses et les travailleurs du monde entier. Le bilan officiel des morts a atteint plus de 67 000, alors que des corps continuent d’être extraits des décombres des maisons. Jusqu’à 70% des victimes sont des femmes ou des enfants. Pourtant, le «cessez-le-feu» n’a pas encore complètement arrêté le massacre. Plus de 130 Palestiniennes et Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes depuis le début de ce cessez-le-feu. Ce dernier pourrait s’effondrer complètement.
De manière effrayante, Trump s’est récemment assis aux côtés de Netanyahu, souriant, pour annoncer sa nouvelle approche aux 2,1 millions de personnes vivant dans la bande de Gaza. Son intention génocidaire, qu’il a proclamée haut et fort, est l’annexion pure et simple de toute la région par les États-Unis, accompagnée de la déportation forcée et du nettoyage ethnique de toute la population. Cela souligne que, loin de se calmer, le mouvement de solidarité avec Gaza doit désormais être intensifié.
La solidarité avec le peuple palestinien devrait être un thème central des actions de cette Journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Dans ce cadre, l’ASI soulignera la nécessité pour le mouvement ouvrier d’utiliser sa force à l’échelle internationale pour perturber l’approvisionnement en armes de la machine de guerre israélienne. Nous avons déjà vu le potentiel de cette action, à une échelle réduite, avec des débardeurs en Italie, en Espagne, en Suède, aux États-Unis, en Belgique et en Grèce. Ces débardeurs ont pris des mesures pour bloquer les envois d’armements vers Israël. Il y a également eu des grèves et des manifestations dans le secteur de la santé en solidarité avec Gaza et avec la situation des travailleuses et des travailleurs de la santé là-bas. Mais des actions comme celles-ci doivent être beaucoup plus répandues et soutenues pour commencer à avoir un impact matériel significatif sur le régime israélien.
Bien que le secret militaire rende le bilan des morts de la guerre en Ukraine difficile à évaluer avec précision, il est probable que les morts se comptent désormais par centaines de milliers. Le fardeau humain de ce conflit – une guerre par procuration entre deux blocs impérialistes – est incommensurable. Il a intensifié la souffrance de millions de femmes.
L’entrée de Trump à la Maison Blanche a modifié de manière dramatique l’approche des États-Unis face à ce conflit. Mais son soi-disant plan de paix n’offre aucune solution. Nous militons pour la fin de la guerre et pour une paix véritablement juste – sur la base du socialisme – avec le droit démocratique à l’autodétermination nationale pour tous les peuples de cette région et des droits garantis pour les minorités.
La riposte de la classe ouvrière
La décadence du capitalisme et son tournant vers la guerre, la réaction et l’autoritarisme ne constituent qu’une partie de l’histoire. À travers le monde, l’année écoulée a également vu des actions de résistance courageuses et déterminées de millions de travailleuses et de travailleurs. Des femmes et des personnes d’autres groupes opprimés sont fréquemment à l’avant-garde de ces actions et sont souvent la majorité lors des manifestations. Rien que ces dernières semaines, le «fouet de la contre-révolution» en Allemagne a provoqué des manifestations de masse contre l’AFD. Des dizaines de milliers de personnes ont afflué vers le parti de gauche Die Linke pour devenir membre. Malgré les nombreuses faiblesses de ce parti, les nouvelles personnes membres montrent une détermination à s’engager dans la lutte pour une véritable alternative aux politiques de droite.
Il devient de plus en plus évident pour des millions de travailleuses et de travailleurs à travers le monde que les politiciens «libéraux» capitalistes traditionnels n’offrent absolument rien à celles et ceux qui veulent s’opposer à l’extrême droite. En réalité, ce sont les centristes qui ont créé les conditions de son ascension! Face au soutien croissant pour les forces d’extrême droite et populistes, leur réponse a été de les imiter politiquement, en intensifiant les attaques contre les migrants et les personnes trans, par exemple. Loin de contrer la montée de la droite, cette approche l’alimente.
La crise du coût de la vie
La crise du coût de la vie semble désormais prête à empirer. Les tarifs douaniers imposés par Trump et une guerre commerciale potentielle encourageront encore les capitalistes à augmenter les prix pour protéger leurs profits. Ces conditions intensifient le fardeau imposé aux femmes tant sur le lieu de travail qu’à la maison. Elles peuvent aussi créer un terreau plus fertile pour l’extrême droite, qui détourne la responsabilité de l’aggravation des conditions sociales sur des populations déjà marginalisées et opprimées.
En réponse à tout cela, il est nécessaire de formuler une réponse solide de la part du mouvement ouvrier. Il est essentiel que les syndicats et les organisations de travailleuses et de travailleurs se tiennent aux côtés des mouvements des personnes opprimées et les aident à s’organiser. Cela doit s’accompagner du développement d’une alternative politique claire au système capitaliste, que la droite défend en fin de compte.
La lutte des femmes
Depuis la Journée internationale des femmes 2024, le mouvement des femmes s’est mobilisé contre l’extrême droite dans de nombreux pays. Le 25 novembre 2024, d’énormes manifestations ont eu lieu à travers la France. Celles-ci ont constitué l’aboutissement d’un mouvement #metoo qui dure depuis un an. Ce mouvement a été alimenté par le dégoût face aux vérités révélées sur la société française durant un procès pour des viols collectifs horribles. Ce procès a été tenu de manière publique grâce à la décision incroyablement courageuse de la victime principale, Gisele Pelicot. De manière marquante, lors des manifestations de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes en novembre dernier, des milliers de personnes ont porté des pancartes soulignant que la lutte contre la violence sexiste et la lutte contre l’extrême droite vont de pair.
En Argentine, le mouvement des femmes a été à l’avant-garde de la résistance contre le réactionnaire Milei. Après ses remarques lors du Forum économique mondial, où il a attaqué l’«idéologie du genre» et annoncé son intention d’abolir le féminicide dans le code pénal argentin, les militantes et les militants LGBTQ+ et féministes sont descendus dans la rue pour riposter. Des dizaines de milliers de personnes ont rejoint les manifestations. Cela s’inscrit dans la continuité de la lutte déjà en cours depuis 2024. Lors de la Journée internationale des femmes de l’année dernière, des centaines de milliers de femmes sont sorties dans les rues sous ce slogan: «Contre la faim et les politiques d’austérité – pour le droit à l’avortement légal et contre la violence à l’égard des femmes».
Un autre mini-Trump anti-féministe, Yoon Suck Yeol, en Corée du Sud, a dû faire face à une résistance farouche lorsqu’il a tenté d’imposer la loi martiale. Une révolte des masses – avec les femmes en première ligne – a conduit à son éviction du pouvoir. Il fait désormais face à un procès pour «insurrection».
En Inde, l’année dernière a été marquée par un immense mouvement contre la violence faite aux femmes. Ce mouvement a été déclenché en réponse au viol brutal d’une médecin. Les manifestations ont dénoncé le mensonge de Modi selon lequel il allait «traiter l’épidémie de violence contre les femmes et les filles» dans le pays. Plus d’un million de médecins ont rejoint d’énormes grèves. Cela illustre la tendance instinctive du mouvement des femmes à utiliser les méthodes de lutte de la classe ouvrière.
Bien qu’il n’y ait pas encore eu de protestations à la hauteur de celles observées lors de l’élection de Trump en 2016, un mouvement significatif se développe maintenant pour résister à l’escalade extrême des déportations racistes de ce régime. Il est important de noter que ce mouvement est mené par des jeunes ainsi et des travailleuses et des travailleurs latinos.
Un changement socialiste est nécessaire
Dans de nombreuses régions du monde, il semble que l’on revienne sur les acquis du mouvement des femmes et des luttes ouvrières. C’est le symptôme d’un système capitaliste qui, dans son état de crise et de décomposition, se tourne vers des idées, des dirigeants et des dirigeantes réactionnaires pour se défendre. Face à cela, il faut une réponse féministe socialiste forte.
Les socialistes luttent pour la fin de toutes les formes d’oppression que le système capitaliste génère et perpétue. Nous militons pour lier les luttes au-delà des frontières: contre la guerre et l’impérialisme, pour les droits des femmes et des personnes LGBTQ+, contre le racisme sous toutes ses formes, pour les droits syndicaux, des emplois décents, un salaire juste, des services publics et des logements de qualité.
Aujourd’hui encore, nous pouvons nous inspirer des acquis obtenus par les femmes durant les premières années suivant la Révolution russe, avant la dégénérescence stalinienne. À cette époque, l’égalité juridique des femmes (y compris la légalisation du divorce et de l’avortement, ainsi que le droit de vote) a été accompagnée de programmes et de services pour alléger le fardeau domestique qui pesait sur les femmes, tels que des buanderies publiques, des restaurants et des garderies. Le principe d’égalité salariale pour un travail égal a aussi été adopté. Cela a été accompagné d’une campagne menée par le Zhenotdel – la commission des femmes – pour défier les idées sexistes encore présentes dans la société. Dans le cadre de cette campagne, la commission visait à développer la conscience et la confiance politique des femmes travailleuses. Les lois anti-homosexualité ont également été supprimées du code pénal, et les personnes trans et intersexes ont obtenu des droits légaux et un accès aux soins de santé.
Nous serons dans les rues, participant et organisant des manifestations et des réunions publiques, en avançant des idées socialistes. Nous comprenons que la lutte pour les droits des femmes n’est pas secondaire par rapport à la lutte pour un changement socialiste. Elle en fait partie intégrante. Avec la montée de la droite, il est absolument essentiel que le mouvement ouvrier, à l’échelle internationale, assume son rôle historique nécessaire en tant que tribune des personnes opprimées. Cela signifie s’opposer fermement à toutes les attaques contre les droits des femmes, des personnes LGBTQ+ et des personnes migrantes, et de riposter activement contre ces attaques. C’est essentiel pour assurer l’unité de la classe ouvrière multigenrée et multiraciale qui, grâce à son pouvoir économique, est à la fois la force la mieux placée pour repousser la droite, et la seule capable de transformer le monde.
La Journée internationale de lutte pour les droits des femmes de 2025 devrait être une journée d’action contre la guerre et l’impérialisme, comme elle l’a été par le passé. Ce devrait être une journée de protestation contre la violence que subissent les femmes de la part de l’État capitaliste et dans la sphère domestique. Ce devrait être une journée pour s’opposer à la droite montante – l’incarnation monstrueuse du système capitaliste en déclin. Plus important encore, ce devrait être une journée pour construire la lutte pour un changement socialiste.
Nous militons pour une nouvelle société – une société construite sur la solidarité de la lutte révolutionnaire des travailleuses et des travailleurs. La propriété publique des plus grands monopoles et la planification économique démocratique au-delà des frontières pourraient éliminer complètement l’impulsion vers l’impérialisme et l’expansionnisme. Cela remplacerait le désir de maximiser le profit par l’objectif d’accroître le bien-être humain comme impératif économique fondamental. Cela pourrait poser les bases matérielles de la transformation complète de toutes les relations humaines. Cela créerait la base pour une égalité non seulement formelle ou juridique, mais pour la fin de toutes les formes d’oppression. Si vous êtes d’accord et si vous voulez faire partie d’une organisation socialiste internationale qui lutte pour cela, rejoignez l’ISA aujourd’hui!
- Faisons du 8 mars une journée de protestation massive contre la guerre, le militarisme et l’extrême droite.
- Non à la guerre et à l’occupation – construisons un mouvement de masse en solidarité avec les Palestiniens et les Palestiniennes. Le mouvement ouvrier doit utiliser son pouvoir pour perturber et arrêter toutes les fournitures d’armes à la machine de guerre israélienne.
- Luttons contre le militarisme – non à l’impulsion impérialiste vers la guerre. Dépensons de l’argent pour les services publics, pas pour les bombes et les drones.
- Luttons contre l’extrême droite – construisons une lutte ouvrière internationale de masse contre l’agenda de la droite et pour l’alternative socialiste à ce système pourri.
- Construisons la contre-offensive féministe socialiste. Les syndicats doivent prendre en charge cette lutte et organiser des actions dans les lieux de travail et dans les rues.
- Pour le droit à l’avortement libre, accessible et gratuit. Des contraceptifs gratuits et des produits menstruels pour tout le monde. Pour une véritable liberté de choix : avoir des enfants ne doit pas signifier être forcé·e à la pauvreté.
- Stoppons la violence et les attaques contre les femmes et les personnes queer : expansion massive des refuges pour femmes, des installations de protection et des mesures de prévention également ouvertes aux personnes queer/trans.
- Accès à la nourriture, à de l’eau potable, à des emplois décents, à des logements de qualité, à une protection sociale adéquate, à une éducation gratuite, aux soins de santé et à la garde d’enfants partout dans le monde.
- Pour une alternative politique à l’extrême droite. Construisons de nouveaux partis de gauche de masse combatifs, ancrés dans la lutte des classes.
- Luttons pour un changement socialiste – mettons fin au pouvoir des milliardaires. Pour la propriété publique et la planification économique démocratique dans l’intérêt des peuples et de la planète.

