Guerre Iran-Israel

Israël lance une offensive sans précédent contre l’Iran

Seule la classe ouvrière peut arrêter la guerre – une action internationale urgente des travailleurs et travailleuses est nécessaire pour arrêter la machine de guerre.

L’attaque militaire à grande échelle du régime génocidaire israélien contre l’Iran pourrait marquer le début d’une guerre régionale plus vaste et prolongée. La classe ouvrière et les masses pauvres, ainsi que les régimes réactionnaires de la région, attendent maintenant les prochaines actions de Téhéran et de Jérusalem, dans la crainte de conséquences dévastatrices et chaotiques.

Des millions de travailleurs, de travailleuses et de personnes pauvres et opprimées seront les principales victimes de l’escalade guerrière entre l’État israélien meurtrier et la dictature iranienne. Les répercussions se propageront à l’échelle mondiale, renforçant les processus de militarisation et d’autoritarisme. Elles auront également des effets économiques et politiques considérables.

Des mouvements et des protestations s’opposeront à cette escalade, comme l’a montré le puissant mouvement international contre la guerre génocidaire à Gaza. La lutte de la classe ouvrière menée contre la guerre dans la région et dans le monde sera décisive. Elle constitue le seul moyen d’enrayer et d’arrêter une guerre plus vaste, ainsi que de renverser les dictatures et les gouvernements bellicistes. C’est la seule voie vers une solution décisive. Les syndicats devraient immédiatement prendre des mesures contre la guerre et le militarisme, à l’image des dockers de France, de Suède et d’Italie, qui ont récemment refusé de manipuler des cargaisons d’armes à destination d’Israël. Les résolutions de l’ONU et les déclarations hypocrites des gouvernements ne stopperont pas la guerre. Nous ne devons pas nous faire d’illusions sur les action que ces institutions sont en mesure de prendre.

Netanyahou tente de saisir l’occasion

Cette attaque s’inscrit dans la continuité de la terreur que Benyamin Netanyahou, le Premier ministre d’Israël, a fait régner dans toute la région au cours des derniers mois. Il s’agit de la conclusion logique des politiques du gouvernement d’extrême droite de Netanyahou. Depuis des années, il désigne l’Iran comme son principal ennemi. Pourquoi cela se produit-il maintenant? Une raison majeure est l’affaiblissement militaire de l’Iran au cours des derniers mois, notamment de son «axe de résistance» qui entoure Israël. Le Hezbollah et le Hamas ont perdu la majeure partie de leur capacité de combat à la suite de l’attaque militaire d’Israël. Le régime Assad en Syrie, allié de l’Iran, s’est effondré à la fin de l’année dernière. En outre, l’échange de missiles entre l’Iran et Israël en avril et en octobre de l’année dernière a détruit une grande partie des défenses aériennes de l’Iran.

Pour Netanyahou, l’année écoulée a également prouvé que la guerre et les attaques militaires sont des moyens de saper l’opposition officielle en Israël et de renforcer l’humeur nationaliste réactionnaire de la société. Son gouvernement ne bénéficie pas d’un soutien majoritaire dans la population. Les sondages ont révélé que 60 à 70% des personnes interrogées souhaitent la fin de la guerre génocidaire contre Gaza. Les réservistes hésitent de plus en plus à aller en guerre et certains anciens chefs politiques et militaires émettent des commentaires critiques envers le régime. Ce gouvernement exsangue espère maintenant que son attaque contre l’Iran aura un effet similaire à celui de son attaque contre le Hezbollah l’année dernière, qui a conduit à un ralentissement brutal, bien que temporaire, des manifestations contre le gouvernement.

Le gouvernement Netanyahou est plein d’un orgueil démesuré, renforcé par le soutien de Donald Trump. En mars, il a fait voler en éclats le «cessez-le-feu» temporaire avec Gaza et a lancé une «guerre totale» pour l’occupation complète de Gaza. L’armée israélienne a également mené les assauts militaires les plus violents en Cisjordanie depuis longtemps. Dans les deux cas, cela s’accompagne de déclarations génocidaires de ministres plaidant ouvertement en faveur d’un nettoyage ethnique. Au même moment, l’armée israélienne a établi de nouvelles bases frontalières au Liban et en Syrie et a mené des attaques militaires régulières dans ces deux pays. Elle a également attaqué le Yémen à plusieurs reprises, lançant des bombardements à grande échelle après que Trump ait déclaré que les bombardements américains dans ce pays avaient pris fin à la suite d’un accord précaire entre les États-Unis et les forces houthies.

Les nouveaux bombardements en Iran constituent l’attaque la plus importante jamais menée par Israël, avec 200 avions de chasse sur les 300 que compte la flotte israélienne. Netanyahou a déclaré que ce n’était que le début et, dans un langage similaire à celui qu’il a utilisé pour Gaza, a affirmé que les attaques se poursuivront jusqu’à ce que son objectif ultime soit atteint. Cela souligne la démesure et l’orgueil démesuré du gouvernement de Netanyahou. L’évolution des événements, de la prise de conscience des masses et des manifestations dépendra des représailles de l’Iran et de leurs effets dans la région.

Le régime iranien est manifestement ébranlé. Depuis l’année dernière, il tente de restaurer sa défense militaire et de se préparer à une attaque. Pourtant, Israël a été en mesure d’attaquer des installations militaires ainsi que des zones résidentielles dans les grandes villes. De hauts responsables militaires ont été tués, notamment le chef de la «garde révolutionnaire» et le chef de l’armée. Six scientifiques nucléaires de premier plan ont également été tués.

La prétendue et fausse raison de l’attaque était l’affirmation de Netanyahou selon laquelle l’Iran était «à quelques jours» de mettre au point une bombe nucléaire. L’une des principales cibles était Natanz, le centre de l’industrie nucléaire iranienne, où s’effectue l’enrichissement de l’uranium. Cet objectif contredit le point de vue exprimé par la plupart des observateurs, y compris les récents services de renseignement américains. Selon The Economist, «pas plus tard qu’en mars, Tulsi Gabbard, directrice du renseignement national américain, a déclaré que ses agences de renseignement avaient conclu que “l’Iran ne construit pas d’arme nucléaire et que le chef suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, n’a pas autorisé le programme d’armes nucléaires qu’il a suspendu en 2003”».

Une région au bord du gouffre

Les experts militaires avertissent également depuis longtemps que l’armée de l’air israélienne n’a pas la capacité nécessaire pour atteindre les bases souterraines utilisées pour le développement nucléaire en Iran. Seuls les États-Unis disposent de suffisamment de bombes et d’avions pour y parvenir, et encore, seulement à l’issue d’une longue campagne. Toujours selon The Economist, «Les experts ont précédemment estimé que même la plus grosse bombe américaine “bunker-buster”, la GBU-57, qui ne peut pas être transportée par les avions de guerre israéliens, devrait être utilisée plusieurs fois sur le même point. Israël aurait pu viser les entrées, les tunnels et les puits de ventilation de ces installations pour les mettre hors d’état de nuire». Les éventuelles retombées radioactives de ces attaques n’ont pas encore été clairement mesurées.

Trump soutient fermement le gouvernement israélien, mais a tenté d’éviter la guerre par le biais de pourparlers tenus à Oman. Cette attitude est liée à la pression exercée par les régimes du Golfe – Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Oman – qui craignent une réaction iranienne et qui ont rétabli des liens diplomatiques avec Téhéran au cours des dernières années. Trump considère le régime saoudien comme la clé de ses plans pour Gaza et la région, et vise un accord entre Jérusalem et Riyad. Or, le régime saoudien a inévitablement condamné fermement l’attaque d’Israël. Les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran risquent fort de dérailler définitivement. Après l’échec de sa diplomatie en Ukraine, il s’agit d’un nouveau désastre pour les efforts hypocrites de Trump en matière de «pacification».

La Maison Blanche a été informée de l’attaque israélienne, mais n’y a pas pris part. Le matin suivant les bombardements, Trump a semblé célébrer les attaques et les utiliser comme chantage pour pousser Téhéran à conclure un accord selon ses conditions. Il a publié un message sur sa plateforme Truth Social:

Je leur ai dit que ce serait bien pire que tout ce qu’ils connaissaient, anticipaient ou qu’on leur avait dit, que les États-Unis fabriquaient les équipements militaires les meilleurs et les plus meurtriers au monde, DE LOIN, et qu’Israël en possédait beaucoup, avec encore plus à venir – et qu’ils savaient comment s’en servir.

Certains partisans de la ligne dure iranienne ont parlé avec courage, mais ils ne savaient pas ce qui était sur le point de se produire. Ils sont tous MORTS maintenant, et la situation ne fera qu’empirer!

La dictature de Téhéran n’aura guère d’autre choix que de riposter aussi durement que possible. En 2019, des missiles iraniens ont détruit une grande partie des installations pétrolières de l’Arabie saoudite. L’an dernier, les frappes de missiles contre Israël ont été relativement limitées, mais les destructions causées, notamment sur un aéroport militaire, ont été plus importantes que ne l’ont admis les autorités israéliennes. Cette fois-ci, les attaques pourraient également viser les cargaisons de pétrole dans le Golfe. Ce risque a d’ailleurs provoqué une forte hausse des prix du pétrole dans les heures qui ont suivi les bombardements israéliens. Les attaques iraniennes contre les bases militaires américaines en Irak, au Qatar et à Oman sont moins probables, mais ne sont pas non plus exclues.

Ces dernières années, le régime iranien a été ébranlé à plusieurs reprises par de vastes mouvements populaires. En 2022, les manifestations Femme, vie, liberté sont devenues un mouvement de masse des femmes et des jeunes, qui a joint les luttes des nationalités opprimées et des travailleurs. Le corps enseignant, les chauffeurs de bus et d’autres ont également organisé des grèves et des luttes depuis. Plus récemment, les chauffeurs de camion ont fait grève dans plus de 130 villes.

Le régime iranien ne sera pas renversé par Israël ou les États-Unis. Au contraire, le régime peut utiliser la guerre pour sa propagande et pour renforcer la répression à l’intérieur du pays. La tâche de la classe ouvrière en Iran est de lutter contre le régime, pour les droits démocratiques, contre l’exploitation et la crise économique. Il doit s’agir d’une lutte internationaliste et socialiste, contre le régime iranien et contre l’impérialisme. Le régime est également étroitement aligné sur le bloc impérialiste Chine-Russie. Quiconque s’oppose aux actions génocidaires de l’État israélien ne doit pas considérer Téhéran comme une force qui lutte véritablement pour les personnes opprimées contre les États-Unis ou Israël.

Un certain nombre de facteurs détermineront l’ampleur de la guerre. Le plus probable dans les jours et les semaines à venir est la poursuite des attaques israéliennes contre l’Iran et la riposte de Téhéran. La suite des événements reste à voir. Il convient de garder à l’esprit que les autres guerres récentes ont toutes duré plus longtemps que prévu.

Le monde est devenu encore plus dangereux, avec la crainte de guerres encore plus importantes à mesure que les conflits s’étendent. Trump et Netanyahou ont abaissé le seuil des nouvelles guerres et, avec Poutine et la guerre en Ukraine, ils ont donné un coup de fouet au militarisme et à une nouvelle course aux armements. Pour les socialistes, les travailleurs, les travailleuses et les activistes anti-guerre, cela prouve la nécessité d’une lutte internationale cohérente et organisée contre la guerre et le militarisme. Une lutte contre le système capitaliste et impérialiste qui les engendre, pour une alternative de paix et de socialisme international.

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