Stop au génocide : Pour une véritable grève générale

Le mouvement de protestation mondial et les protestations en Israël doivent être dirigés contre la racine de la guerre génocidaire.

Un million de personnes en Israël ont participé dimanche aux manifestations contre l’escalade du génocide à Gaza. Parallèlement, le gouvernement et l’armée d’extrême droite israéliens poursuivent leur campagne de famine et de bombardements pour réaliser leur nettoyage ethnique planifié. 

Cela marque une nouvelle étape dans les protestations en Israël et montre aussi qu’une lutte encore plus large est nécessaire, ancrée dans les lieux de travail, pour une véritable grève générale avec des revendications claires pour la fin de la guerre, de l’occupation, du siège et de l’oppression des Palestiniens et Palestiniennes, en lien avec les vastes protestations internationales. 

Cette journée de protestation, baptisée grève générale, a été préparée lorsque le gouvernement d’extrême droite de Netanyahou a décidé de prendre le contrôle de tout Gaza. Grèves, blocages d’autoroutes et manifestations ont eu lieu. Un demi-million de personnes ont manifesté rien qu’à Tel-Aviv et un million dans tout le pays. 

La principale revendication était la fin de la guerre et la démission du gouvernement Netanyahou. Le gouvernement a déployé la police anti-émeute et la police montée contre les manifestant-es et une cinquantaine d’entre eux et elles ont été arrêté-es. 

Il s’agissait de la plus grande journée de protestation depuis les manifestations de masse de l’année dernière, lorsque même la direction de la Histadrout, fédération syndicale israélienne qui soutient la guerre du gouvernement, avait été contrainte de déclarer une grève générale d’un jour. La pression venue de la base provenait principalement des familles et de tous ceux et celles impliqué-es dans le mouvement pour le retour des otages à Gaza. Elle était également soutenue par plusieurs entreprises et des politiciens bourgeois. Cependant, le mouvement a été bloqué l’année dernière lorsque le gouvernement a immédiatement lancé une offensive contre le Hezbollah au Liban, soutenue par l’opposition officielle en Israël.

La grève générale du 2 septembre 2024 et la manifestation de dimanche illustrent la force des protestations de masse. Mais elles révèlent aussi des faiblesses et des dangers cruciaux. Le cours du gouvernement Netanyahou n’a pas été fondamentalement ébranlé par les protestations menées par des politiciens bourgeois et ne s’attaque pas à la guerre génocidaire dans son ensemble et à ses racines dans la longue oppression des Palestiniens, l’occupation et le blocus.

Netanyahou a déclaré que les manifestations de dimanche entraîneraient de nouvelles attaques le 7 octobre. Le gouvernement poursuit désormais le génocide, avec pour objectif immédiat d’expulser ceux et celles qui restent à Gaza. Le reste de la population de Gaza est déjà déplacé vers des camps de tentes réduits au minimum. Certaines parties de ces camps sont prises pour cible, comme lors de l’attaque qui a tué six journalistes, dont Anas al-Sharif d’Al Jazeera. Les camps manquent d’eau, de nourriture et de médicaments en raison du blocus délibéré. 

Parallèlement, une nouvelle colonisation massive est lancée pour diviser complètement la Cisjordanie en deux, avec des attaques croissantes de l’armée et des colons. L’armée israélienne poursuit également ses attaques militaires contre le Yémen, la Syrie et le Liban. 

Ce qu’il faut désormais en Israël, c’est une lutte intensifiée, avec des réunions sur les lieux de travail et la préparation d’une véritable grève générale suivie d’une escalade. Cependant, une grève d’un jour ne suffira pas ; il faudra davantage d’organisation, avec un objectif clair : renverser le gouvernement.

Les socialistes en Israël rapportent les déclarations de journalistes, de professionnels de la santé, d’employés d’université et d’autres travailleurs et travailleuses qui réclament la fin de la guerre. Il est nécessaire de développer l’organisation populaire, tout comme l’organisation de socialistes porteurs d’un programme socialiste révolutionnaire et internationaliste. 

Le mouvement de protestation mondial et les protestations en Israël doivent être dirigés contre la racine de la guerre génocidaire – l’occupation, l’oppression historique des Palestiniens et Palestiniennes, et maintenant de toute urgence contre la guerre de la famine, avec des demandes de cessez-le-feu immédiat et permanent. 

Le mouvement mondial ébranle les gouvernements du monde entier, qui tentent hypocritement de se distancer de la guerre. Un processus similaire est actuellement en cours en Israël. C’est la classe ouvrière internationale, notamment au Moyen-Orient, qui détient la clé pour mettre fin à la guerre. La lutte contre le génocide est aussi une lutte contre l’impérialisme et le système capitaliste, créateurs d’oppressions nationales et de guerres.

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