Quelques jours seulement après le début de ce qui est qualifié de « plus grande opération d’immigration jamais menée », un agent du Service de l’immigration et des douanes des États-Unis (ICE) a assassiné une femme dans la rue, dans le sud de Minneapolis, lors d’une interaction largement documentée par des observatrices et des observateurs indignés.
La femme, Renee Nicole Good, était assise dans son véhicule et faisait signe aux agents de l’ICE de passer leur chemin, lorsqu’ils se sont approchés d’elle de manière hostile et ont tenté de forcer la portière. Un agent lui a alors tiré dans le visage alors qu’elle tentait de s’enfuir, et elle est morte parce que l’ICE a empêché les ambulances de l’atteindre. La secrétaire du Département de la Sécurité intérieure (DHS), Kristi Noem, a justifié les agissements de l’agent de l’ICE en affirmant qu’il s’agit de légitime défense contre un « acte de terrorisme intérieur », ce que la vidéo de la fusillade révèle être une accusation clairement ridicule. Trump a renchéri sur ces affirmations et a blâmé la « gauche radicale ».
La colère qui couvait dans les villes jumelles (région de Minneapolis–Saint Paul) a éclaté au grand jour à la suite de cet horrible acte de violence perpétré par l’extrême droite. Des manifestations ont lieu depuis le meurtre et d’autres sont organisées pour les jours à venir, ainsi que dans tout le pays.
Dans les villes jumelles, nous nous sommes organisé·es contre l’invasion de l’ICE. Cela passe par des groupes d’intervention rapide dans nos quartiers, l’accompagnement de populations particulièrement vulnérables, des actions directes (telles que des manifestations devant les hôtels qui hébergent des agents de l’ICE), l’organisation au sein de nos syndicats et la mobilisation pour des manifestations contre les enlèvements de l’ICE.
Il faut intensifier la lutte, même si les grands médias se lamentent des conditions froides difficiles dans lesquelles les agents et agentes du ICE travaillent au Minnesota. Il ne fait aucun doute que l’incroyable vague de 2 000 agentes et agents fédéraux déployés dans les villes jumelles cette semaine est en partie une réaction à la résistance à laquelle ils ont déjà été confrontés.
Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a réagi en disant à l’ICE de « décrisser de Minneapolis ». Mais aucune déclaration musclée des politiciens démocrates – ni celle du gouverneur de Californie Gavin Newsom, ni celle du gouverneur de l’Illinois J.B. Pritzker – n’a eu l’impact nécessaire pour repousser de manière décisive la campagne de terreur raciste de Trump. Pour y parvenir, il faudrait organiser un mouvement de masse capable de paralyser le système, ce qui est un pas trop loin pour le Parti démocrate.
Transformons notre chagrin et notre colère en une lutte de masse. Canalisons le mouvement anti-déportation pour infliger une défaite décisive à l’ICE. Nous pouvons mener une lutte qui empêche l’ICE d’assassiner d’autres personnes, qui met fin à toutes ses opérations d’enlèvement et qui donne naissance à un véritable mouvement de masse capable de lutter pour les droits des personnes immigrantes plutôt que d’être contraint de réagir à la terreur de la droite. Nous avons besoin d’une lutte offensive pour renverser le régime réactionnaire et raciste de Trump, ce qui signifie attaquer le système capitaliste qui l’a engendré.
- Construisons des réseaux d’intervention rapide et des groupes de quartier. Aucune voisine et voisin laissé pour compte!
- Tenons des assemblées démocratiques de résistance de masse dans chaque ville, afin de planifier les prochaines étapes de la lutte contre Trump et l’ICE. Ces assemblées devraient organiser des manifestations de masse et des actions directes contre l’ICE.
- Établissons une non-coopération maximale avec l’ICE par le biais de campagnes communautaires, de résolutions syndicales et de pétitions dans nos écoles et milieux de travail. Les travailleuses et les travailleurs doivent refuser de coopérer avec les opérations de l’ICE et perturber leurs tactiques terroristes. Tenons la terreur d’État à l’écart de nos communautés!
- Ces mesures peuvent déboucher sur une grève coordonnée d’une journée contre le règne de terreur de l’ICE, s’inspirant de la grève massive Day Without an Immigrant (Une journée sans immigrant) de 2006 qui avait paralysé l’économie.
- Relions les luttes entre elles! Pour que les syndicats et les campagnes militantes défendent nos collègues et voisinage immigré tout en luttant pour des soins de santé, des emplois, une éducation et des logements de qualité, financés par les impôts des riches et des entreprises.
- Les démocrates ne nous sauveront pas : nous avons besoin d’un nouveau parti pour lutter contre Trump et l’ICE ! De véritables représentantes et représentants de la classe ouvrière seraient en train de mener la lutte contre Trump et l’ICE dans les rues. Ils et elles pourraient mener des actions concrètes, telles que l’établissement de moratoires totaux sur les expulsions afin de protéger les familles de l’ICE et le déblocage d’aides financières aux familles dont le principal soutien économique a été arrêté. Les mots ne suffisent pas.

