5 partis pareils

Élections municipales à Montréal: des partis tous pareils

Les conditions de vie à Montréal n’ont fait qu’empirer depuis l’accession au pouvoir de Projet Montréal, en 2017. Son principal rival, Ensemble Montréal, propose un nouveau projet d’austérité autoritaire, alors que Transition Montréal, une excroissance «progressiste» de Projet Montréal, est incapable de s’en distinguer.

L’équipe de Projet Montréal (PMTL) est très fière d’avoir augmenté la longueur du réseau cyclable d’environ 27% durant l’administration de Valérie Plante. Elle parle beaucoup moins du fait que le laissez-passer ordinaire de la STM a lui aussi augmenté du même taux durant la même période, atteignant 104,50$/mois pour la zone A. On parle peu de la réduction des kilomètres parcourus par les bus et le métro ainsi que sur les centaines de postes coupés durant les dernières années. Plante se présentait pourtant comme la mairesse de la «mobilité».

Le nombre d’homicides à Montréal a lui aussi augmenté de 27% depuis huit ans. Et cela, malgré les 800 millions $ engloutis chaque année par un service de police dont une des nouvelles tâches récurrentes consiste à démanteler les centaines de camps de personnes itinérantes aux quatre coins de Montréal. Parce que depuis l’arrivée de PMTL à la mairie, l’itinérance visible a augmenté de 33%.

Nos quartiers vendus aux plus offrants

Ces statistiques sont un aperçu impressionniste, mais qui ne devrait pas surprendre. Comme ses prédécesseurs Denis Coderre et Gérald Tremblay, Valérie Plante et ses maires d’arrondissement ont vendu la ville et ses terrains aux plus offrants. Le résultat, c’est que les loyers ont doublé entre 2017 et 2025. Les spéculateurs, les propriétaires véreux et les plateformes d’hôtellerie illégales agissent en toute impunité. Les quartiers centraux ont été colonisés par les touristes et par la petite-bourgeoisie intellectuelle qui constitue la base électorale de PMTL. En conséquence, des dizaines de milliers de Montréalaises et Montréalais se sont retrouvés mal-logés et font désormais face à un budget impossible à boucler sans s’endetter.

Une métropole «mixte»

Comme Ensemble Montréal avant lui, PMTL a été là pour faciliter la construction massive de grands projets immobiliers aussi luxueux qu’inutiles. Les maires d’arrondissement, en particulier Benoit Dorais, ont fait passer la pilule avec la promesse de construction de milliers de logements abordables, sociaux et familiaux grâce au «Règlement pour une métropole mixte» (le fameux 20-20-20). Bien que cette promesse ne se soit jamais concrétisée, la ville est désormais plus mixte. Les professionnel·les aisé·es côtoient maintenant les itinérants tous les jours, en bas de chez eux ou dans le métro.

L’illusion réformiste de la petite-bourgeoise «progressiste»

Cette situation, on la doit entièrement à PMTL. Mais on entend déjà leurs défenseurs brandir toutes les excuses pour dédouaner le parti du fardeau du pouvoir: la COVID-19, la crise économique, les tarifs, le provincial, le fédéral ou encore le legs de l’ère Coderre. Mais on ne peut pas faire de politique en ignorant le contexte. D’autres, plus cyniques, parlent de vote «stratégique» en faveur de PMTL, car Ensemble Montréal serait bien pire.

La différence fondamentale, c’est que l’équipe de Soraya Martinez Ferrada assume ses politiques autoritaires de coupures anti-travailleurs, d’ordre policier et de cadeaux aux grandes entreprises, contrairement à PMTL, qui finit par en arriver au même résultat, mais en vélo et avec le sourire.

Transition Montréal, un Projet Montréal 2.0

Certains critiques de PMTL appellent à voter pour le nouveau parti Transition Montréal, lancé cet été par l’ex-conseiller de PMTL dans le Sud-Ouest, Craig Sauvé. Censé être plus «progressiste», Transition est un parti de candidatures poteau qui propose exactement la même logique que PMTL. On parle de hausser le nombre de peanuts perçues en redevances et en taxes pour financer des OBNL incapables de rivaliser sur le marché immobilier ou alimentaire.

Après 12 ans comme conseiller, dont 8 pour PMTL, Sauvé livre exactement le même bilan que son ancien parti. Il a d’ailleurs été choisi en 2021 comme maire suppléant de l’arrondissement du Sud-Ouest, malgré s’être retiré du caucus de PMTL en raison d’une allégation d’agression sexuelle.

Dans les faits, le «changement» que Sauvé propose est le même que celui de Luc Rabouin, le nouveau chef de PMTL. Il n’existe pas de différences politiques fondamentales entre ces deux partis. Le vote en faveur de Transition risque ainsi de diviser celui pour PMTL. Certains auraient toutefois bien aimé voir Transition surfer sur la vague «socialiste» américaine inspirée de l’actuelle campagne à la mairie de New York.

Les «progressistes» d’ici ne sont les «socialistes» américains 

En vue des élections new-yorkaise du 4 novembre, la campagne du candidat de Democratic Socialists of America à la mairie, Zohran Mamdani, a jusqu’ici mobilisé plus de 100 000 bénévoles, soit 1% de la population de la ville. Les élites sont terrorisées par ce que représenterait son élection probable.

De son côté, la campagne de Transition Montréal n’a pas de traction au sein de la population. La base électorale de Transition est similaire à celle de PMTL, soit une petite-bourgeoisie intellectuelle et professionnelle. Ses militantes et militants proviennent des mêmes cercles réformistes de PMTL, du NPD et de l’ancien parti de Balarama Holness. Ces derniers sont formés au jeu des courbettes devant les puissants, pas aux mobilisations de masse.

Contrairement à la campagne de Mamdani, celle de Transition continue de miser sur des incitatifs au secteur privé pour la question du logement, plutôt que de se battre pour déployer l’énorme potentiel municipal en termes de construction de logements et de magasins d’alimentation publics. Et contrairement à Mamdani, Sauvé a activement participé à la gentrification accélérée de son propre quartier durant les 12 dernières années.

Les dirigeants de PMTL et de Transition Montréal ne peuvent tout simplement pas régler les différentes crises urbaines. Ces partis promettent d’apporter des solutions aux problèmes des moins nantis et des locataires. Mais au bout du compte, ils défendent les intérêts d’une petite-bourgeoisie intellectuelle qui ne possède pas les entreprises de construction ou les fonds nécessaires pour régler ces problèmes.

Cette petite-bourgeoisie n’a alors pas d’autre choix que de lier son sort à la grande bourgeoisie, avec les ultra riches. Car c’est sa seule manière de réaliser ses propres projets écolo et urbanistiques qui ne sont pas prioritaires pour la majorité de la population. Et pour réaliser les promesses prioritaires comme la Ligne Rose ou les 60 000 logements abordables? Ces partis ne s’en remettront jamais à un travail d’organisation des gens de tous les quartiers dans le but de développer un vrai rapport de force face aux ultra-riches, à Montréal, Québec et à Ottawa.

Ce dont la majorité de la population montréalaise a besoin, c’est d’une alternative politique capable d’être le relais et le vecteur d’organisation politique de la classe ouvrière à Montréal.

L’urgence de l’organisation politique ouvrière

Une telle force ouvrière organisée sur le plan politique municipal n’existe pas à Montréal. Pourtant, la lutte entre les classes fait rage. Mais il n’y a que la bourgeoisie qui lance des attaques et la petite-bourgeoisie qui les camoufle sous des discours moralisateurs. Nous, comme classe des travailleuses et des travailleurs, nous encaissons. Mais nous devons prendre conscience de la nécessité de prendre le pouvoir et de révolutionner l’ordre établi pour régler les problèmes à la racine.

La classe ouvrière montréalaise sait que les partis actuels sont tous pareils. Ils n’oseront jamais risquer les privilèges de leurs élu·es en s’attaquant à la propriété des vrais maîtres de Montréal, les grands propriétaires et les patrons. Voilà pourquoi les taux d’abstention tournent toujours autour de 60% durant les élections municipales.

Il est urgent de construire une organisation ouvrière socialiste, autant au municipal qu’aux autres paliers gouvernementaux. C’est une nécessité non seulement pour les locataires, mais aussi pour les employés de la STM, de la Ville, des Centres de services scolaires, des CLSC, bref pour toutes les personnes qui veulent vraiment que la politique se fasse par et pour elles.

Élire une conseillère socialiste comme Rosalie Bélanger-Rioux dans Desmarchais-Crawford à Verdun serait un pas important afin de bâtir le mouvement nécessaire pour gagner. Son élection permettrait d’aider à l’organisation et à l’union des luttes syndicales, communautaires ou étudiantes, en plus d’aider à leur donner une direction politique claire.

Nous appelons toutes celles et ceux qui partagent cette vision à se mobiliser, à s’organiser et à participer activement à cette transformation. Ensemble, nous pouvons reprendre le contrôle de notre avenir, de notre ville et de notre société! Votez pour Rosalie et rejoignez notre campagne pour bâtir une ville socialiste!

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